Atlas des vertébrés 2019: les êtres humains ont leur propre planche!

Les fossiles donnent aux paléontologues de précieuses clés pour retracer l’évolution des organismes vivants. Arthur Escher et Robin Marchant ont synthétisé leurs recherches pour illustrer l’arbre généalogique des vertébrés.

La nouvelle édition de L’Atlas des vertébrés: de leurs origines à nos jours vient de paraître, enrichie de quatre nouvelles planches, dont une sur les êtres humains. Les auteurs Arthur Escher et Robin Marchant reviennent sur cet outil essentiel pour comprendre notre évolution au sein de la grande famille des vertébrés.

L’arbre généalogique des vertébrés compte quatre nouvelles planches, dont une sur les hominidés, ou êtres humains.

Couverture de l'nouvelle édition 2019 de L’Atlas des vertébrés: de leurs origines à nos jours
La nouvelle édition de «L’Atlas des vertébrés» est enrichie de quatre nouvelles planches, dont une sur les êtres humains.

En 2016 sortait la première édition de L’Atlas des vertébrés: de leurs origines à nos jours, écrit par les scientifiques Arthur Escher, professeur honoraire à l’Université de Lausanne, et Robin Marchant, conservateur en paléontologie au Palais de Rumine. Fruit de plus de quinze ans de travail, l’ouvrage relevait le défi de rendre accessible au grand public l’évolution illustrée des vertébrés sur 500 millions d’années. Le résultat? De nombreuses planches illustrant la diversité des chemins qu’a pris l’évolution au cours du temps, ainsi que les périodes d’extinctions majeures qui l’ont jalonnée.

Cette année, les auteurs sortent l’édition 2019 de L’Atlas, mise à jour selon les nouvelles découvertes paléontologiques. Par ailleurs, l’arbre généalogique des vertébrés compte désormais quatre nouvelles planches: les poissons cartilagineux – rayes et requins –, les poissons osseux, les mammifères primitifs et les hominidés, ou êtres humains.

«Il y a une corrélation claire entre l’usage du feu pour cuire les aliments et l’augmentation de la taille du cerveau.»

Une planche pour les êtres humains…

Grande nouveauté de cette nouvelle édition, elle comporte une planche sur la tribu des primates bipèdes. En d’autres termes, nous. Un ajout que justifie Arthur Escher avec enthousiasme: «L’idée était d’illustrer comment nos ancêtres avaient migré hors de l’Afrique en trois étapes principales, mais aussi de montrer diverses caractéristiques du genre Homo, notamment la corrélation entre l’usage du feu pour cuire les aliments et taille du cerveau. En effet, puisque les aliments cuits demandent moins d’énergie pour être consommés, la mâchoire a diminué au fil du temps, ce qui a permis l’augmentation du volume cérébral.» Dit très simplement, c’est avec l’invention de la cuisine que nous sommes devenus plus intelligents.

Illustration représentant l'évolution de l'être humain
Détail de la nouvelle planche consacrée à la branche des Homo sapiens.

En outre, l’ouvrage devait tenir compte des dernières études en paléontologie. Ainsi figurent sur la planche des hominidés deux nouvelles espèces: l’Homo naledi, potentiel descendant de l’australopithèque, dont les ossements ont été découverts en Afrique du Sud, et l’Homo floresiensis – descendant nain d’Homo erectus, surnommé le «hobbit» – qui s’était établi sur l’île reculée de Florès, en Indonésie. Mais comme le soulignent les auteurs, ces découvertes vont plus loin: «Pendant longtemps, on a pensé que les pierres taillées étaient seulement caractéristiques du genre Homo, mais de récentes découvertes montrent que cet usage est plus ancien et aurait aussi été le fait de l’australopithèque, explique Arthur Escher. De même, en étudiant l’ADN de l’homme de Néanderthal, on a pu établir avec certitude que des hybrides existaient avec les Homo sapiens

… et pour les poissons et les mammifères primitifs

Illustration représentant l'évolution des poissons cartilagineux
Détail de la nouvelle planche consacrée à la branche des poissons cartilagineux.

 

Si nos ancêtres bipèdes dévoilent une grande partie de leurs secrets, les autres espèces des vertébrés ne sont pas en reste. Deux nouvelles planches, respectivement sur les poissons osseux et les poissons cartilagineux, font leur apparition. En dépit du fait qu’ils représentent le groupe majoritaire chez les vertébrés, leur étude pose de nombreux défis, car les seconds possèdent un squelette fait de cartilage, qui ne se fossilise pas et laisse par conséquent peu ou pas d’ossements à étudier. «Il s’agit des rayes et des requins, dont le fameux Carcharocles megalodon de 20 mètres, qui a inspiré le film En eaux troubles sorti cet été, précise Robin Marchant. Pour les étudier, les paléontologues utilisent leurs dents, seule partie de leurs corps présentant de l’émail, une matière qui se fossilise extraordinairement bien.»

Une grande histoire d’évolution et d’extinctions sur plus de 500 millions d’années.

Dernière nouveauté, la planche sur les mammifères primitifs illustre leur répartition sur l’ensemble du globe après la dérive des continents qui a suivi la disparition des dinosaures. «À la fin du Crétacé, une activité volcanique massive, associée à l’impact d’un astéroïde avec la Terre, mène à la fin de la domination des dinosaures, dont près de 95% des espèces disparaissent. C’est cet événement qui a mené à l’avènement des mammifères, la famille à laquelle appartiennent les êtres humains», résume Robin Marchant. Alors que nous sommes aujourd’hui à l’ère géologique de l’Anthropocène, marquée par l’activité humaine, cet atlas offre un outil précieux pour comprendre l’histoire de nos origines. Une grande histoire d’évolution, d’apparitions et d’extinctions d’espèces de plus de 500 millions d’années – dont les êtres humains ne représentent qu’un infime épisode d’à peine 7 millions.

 

L’Atlas des vertébrés en un clin d’œil

  • Mise à jour et augmentée selon les nouvelles découvertes en géologie et en paléontologie
  • 4 nouvelles planches présentant 250 espèces supplémentaires (hominidés, requins et rayes, poissons osseux et mammifères primitifs)
  • Grand poster inclus (également mis à jour)
  • Traduction anglaise désormais disponible

 

Le saviez-vous?

Les erreurs de terminologie d’Hollywood

À ce propos, le titre de la série des célèbres films Jurassic Park est donné à tort. Comme le relève Robin Marchant, la majorité des espèces de dinosaures qui y tiennent la vedette – dont le tyrannosaure rex ou les vélociraptors – appartiennent à l’ère géologique suivante, nommée Crétacé. «Pour être plus exact, le titre aurait donc dû être ‘Cretaceous Park’, mais cela n’aurait peut-être pas eu le même succès au box-office.»

Pour aller plus loin