Comment désamorcer la violence à l’école?

Présentation de la collection Grandir en paix Les trois volumes déjà parus sur les quatre que contiendra la collection.

À l’aide de sa méthode Grandir en paix, l’association Graines de Paix a développé un outil pratique pour favoriser les compétences psychosociales des élèves. Explications avec Mathilde Lagier et Tina Stahel-Vujica.

Éviter la violence à l’école? C’est le but de l’ONG Graines de Paix, basée à Genève. Pour y parvenir, elle a élaboré son propre outil, Grandir en paix, constitué de quatre volumes, dont le troisième vient de paraître. Mathilde Lagier, chargée d’édition, et Tina Stahel-Vujica, psychologue de formation et Cheffe de projet, nous expliquent comment cette méthode innovante cherche à désamorcer la violence depuis l’école afin d’éveiller les enfants à la culture de la paix.

Le meilleur moyen d’éviter la violence, c’est d’initier les enfants à la considération réciproque en développant leurs compétences psycho-sociales.

Pourquoi avoir créé l’ONG Graines de Paix?

L’ONG a été créée il y a douze ans, sous l’impulsion de Délia Mamon, la présidente. Elle a pour but de développer des ressources pédagogiques pour favoriser les compétences psychosociales des enfants, comme l’estime de soi ou l’empathie. L’organisation est active principalement en Suisse romande, mais aussi en Côte d’Ivoire. Un de nos projets en cours est l’exposition «Ni hérisson, ni paillasson», centrée sur la non-violence, que nous avons modernisée cette année et qui tourne dans les écoles de Suisse romande. Et bien sûr, il y a la collection Grandir en paix

Grandir en paix, de l’association Graines de Paix: tout est dans le nom!

Exactement: la collection est à la base de toutes nos activités. Cette dernière se décline en quatre volumes – destinés aux élèves de 4 à 12 ans – et chacun est formé d’un guide pédagogique, à usage de l’enseignant, ainsi que d’un livret de l’élève. À l’origine, l’idée de la collection est venue de Délia Mamon: l’équipe avait beaucoup de pistes, d’idées, mais il nous manquait un outil pour concrétiser la vision de l’organisation. Puis, les idées ont germé – sans jeu de mots – et, petit à petit, le projet de la collection s’est développé, puis concrétisé.

Les enseignants apprécient d’avoir un outil clé en main, comme une recette de cuisine.

Quel est l’angle pédagogique de la collection?

Il est tout simple: Graines de Paix pense que le meilleur moyen d’éviter la violence, c’est d’initier les enfants à la considération réciproque quand ces derniers sont encore à l’école, en développant leurs compétences psychosociales. Pour ce faire, nous avons monté une équipe diversifiée, faite de pédagogues, d’enseignants et de psychologues: une combinaison gagnante, où chacun apporte sa pierre à l’édifice! Chaque activité est élaborée par des experts extérieurs. Dans un second temps, nous la corrigeons et la testons en classe avec des enseignants volontaires. Par la suite, nous la modifions au besoin, pour l’insérer, dans un second temps, à la méthode.

Toutes les activités sont-elles testées en classe?

Oui, chacune des 160 activités regroupées dans les quatre volumes a été mise en pratique dans des écoles du canton de Vaud, notamment à Bex, où une étude a été menée dans huit classes pendant une année, en collaboration avec la HEP-Valais. Nous avons tenu à avoir un retour des enseignants et des parents sur le sujet: les premiers sont les plus à même d’observer une évolution en classe, les seconds, à la maison. Et puis, pour une activité qui sort du cadre des maths et du français, nous avions à cœur que ces derniers comprennent et acceptent mieux l’importance de la méthode.

Et quel a été leur retour?

Les premiers résultats des tests menés dans les écoles sont très positifs. Les enseignants apprécient d’avoir un outil clé en main, comme une recette de cuisine. De plus, les compétences psychosociales que la collection vise à développer encouragent de nombreuses capacités transversales prévues par le Plan d’études romand, telles que la pensée créatrice, la démarche réflexive ou la communication, ce qui justifie son usage dans le cadre des cours. Et bien sûr, le retour des élèves a été déterminant: ils apprécient les activités proposées et le graphisme des livres, mais ce qui ressort le plus, c’est qu’ils se sentent écoutés. Vu que les activités abordent des thèmes quotidiens, comme le racisme ou la relation à internet, la collection leur offre un espace de réflexion, ainsi que des pistes pour en débattre.

La méthode offrira donc un outil de citoyenneté complet, pour toutes les années de l’école primaire.

Quel est l’avenir de la collection?

Actuellement, trois volumes sur quatre, de 40 activités chacun, sont parus aux Éditions Loisirs et Pédagogie: le volume 1, pour les 4-6 ans, le volume 2, pour les 6-8 ans, et cet été, le volume 3, pour les 8-10 ans. Ne manque plus que le dernier volume, pour les 10-12 ans, à paraître en 2018. La méthode offrira donc un outil de citoyenneté complet, pour toutes les années de l’école primaire. Nous espérons sincèrement que la collection pourra être utilisée dans les écoles de Suisse romande et ailleurs dans le monde, afin de semer ces graines si précieuses pour le futur.

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