Les 4 étapes du cycle de vie tourmenté d’un appareil électronique

Infographie représentant les routes d'un smartphone, de l'extraction des matières premières le composant à son élimination. Routes d’un smartphone, de l’extraction des matières premières le composant à son élimination.

Tablettes, ordinateurs et téléphones portables: les appareils électroniques font partie intégrante de notre quotidien. Petit itinéraire de leur cycle de vie souvent chaotique.

On compte environ 0,04 gramme d’or pour la production d’un ordinateur «standard».

Les appareils électroniques ont envahi notre quotidien. Aujourd’hui, en Europe, il est presque impossible de trouver un foyer qui ne dispose pas de son lot d’ordinateurs, smartphones et autres. Une omniprésence qui fait oublier leur origine et leurs conditions de manufacture. Voici un résumé de leurs différentes étapes d’existence – un parcours international tourmenté, des matières premières à vos mains, de l’Afrique à la Suisse, en passant par l’Asie.

1. Les matières premières

À l’intérieur des ordinateurs et téléphones portables se trouvent beaucoup de matières premières différentes: métaux, plastiques, etc. Celles qui sont utilisées dans la fabrication des appareils électroniques proviennent du monde entier. Toutefois, certains de ces matériaux sont très rares et ne peuvent être extraits qu’avec beaucoup de difficulté. Par ailleurs, ils ont une grande valeur, comme le cuivre, l’argent ou l’or – on compte environ 0,04 gramme d’or pour la production d’un ordinateur «standard». Leur extraction est généralement très nocive pour l’environnement et le personnel des sites miniers n’est souvent pas bien protégé contre les accidents et les substances toxiques, notamment en Afrique.

2. Les usines en Asie

Infographie d'une chaîne de montage d'un smartphone dans une usine chinoise.
© Illustration Lorenz «Lopetz» Gianfreda

Après extraction, les matières premières sont acheminées de différentes façons jusqu’aux usines, dont de nombreuses sont situées en Chine. Les composants des appareils électroniques sont assemblés dans une chaîne de montage. Les employés qui travaillent dans les usines d’Asie gagnent généralement très peu d’argent. Par ailleurs, leurs conditions de travail sont pénibles et dangereuses, puisque ces personnes doivent utiliser des produits chimiques nocifs pour leur santé. Un autre aspect problématique de ce travail de fabrication est que des enfants et de jeunes ouvriers travaillent parfois dans ces usines.

Près de 2 milliards de téléphones portables ont été fabriqués sur la planète en 2018, soit 61 appareils par seconde.

3. Acheminement et utilisation en Europe

Prochaine étape des appareils électroniques nouvellement assemblés: l’acheminement vers l’Europe. Dans les rayons de nos magasins, on trouve une offre pléthorique pour répondre à la demande d’utilisateurs extrêmement gourmands. En effet, en Europe, nous changeons notre téléphone portable en moyenne tous les dix-huit mois. Chez les 12-17 ans, cette tendance passe à neuf mois. Pour répondre à cette consommation effrénée, près de 2 milliards de téléphones portables ont été fabriqués sur la planète en 2018, soit 61 appareils chaque seconde.

L’ensemble des ordinateurs portables inutilisés de la Suisse contient plus de 300 kilos d’or et près de deux tonnes d’argent, ce qui représente plusieurs millions de francs suisses.

En Suisse, on dénombre près de huit millions de vieux téléphones inutilisés, qui reposent dans les armoires. Si ces appareils étaient posés les uns à côté des autres, ils recouvriraient la surface de plusieurs terrains de football. En termes de valeur, l’ensemble des ordinateurs portables inutilisés de la Suisse contient plus de 300 kilos d’or et près de deux tonnes d’argent, ce qui représente plusieurs millions de francs suisses. 

4. Décharge et incinération en Afrique ou recyclage en Asie

Le cycle de vie des appareils électroniques se conclut par la déchetterie ou le recyclage, particulièrement en Asie. Puisque les réserves de certaines matières premières seront bientôt épuisées, le recyclage permet d’en revaloriser une partie pour construire de nouveaux équipements. Cela crée un circuit fermé.

Toutefois, le problème majeur de cette dernière étape réside dans le fait que tous les équipements ne peuvent pas être recyclés. Des appareils en provenance d’Europe s’entassent donc dans des décharges en Afrique, par exemple la décharge d’Agbogbloshie au Ghana. Là-bas, beaucoup de gens essaient de gagner de l’argent en brûlant les plastiques pour récupérer les métaux précieux comme le cuivre, l’argent ou l’or. Il s’agit cependant d’un procédé dangereux, car des gaz toxiques s’échappent des pièces en plastique quand elles sont incinérées.

Infographie dénonçant la sur-consommation de smartphones.
© Illustration Lorenz «Lopetz» Gianfreda

Il est évident que nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes du cycle de vie de nos appareils électroniques. Toutefois, il existe des solutions, même partielles, pour réduire notre empreinte écologique. Nous pouvons acheter uniquement les appareils électroniques dont nous avons besoin et éviter le piège de changer d’appareils trop fréquemment, notamment sous prétexte de nouveaux abonnements avantageux ou d’offres exclusives, uniquement conçues pour nous faire dépenser plus.

En outre, nous pouvons faire réparer les appareils électroniques défectueux plutôt que les jeter, les utiliser le plus longtemps possible et ne pas les changer dès qu’un modèle plus récent apparaît sur le marché. Enfin, dernière option – et non des moindres –, nous pouvons nous débarrasser correctement de nos équipements électroniques, en allant à la déchetterie et en nous renseignant sur le sort final de nos déchets. Et peut-être se rappeler d’une chose: ils restent les nôtres et notre responsabilité dès le moment où nous les achetons.

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Le contenu de cet article est tiré d’une annexe de Connected, une méthode d’enseignement pour les MITIC (médias, images et technologies de l’information et de la communication) destinée à l’école obligatoire. Elle peut être introduite en 7e ou 8e année Harmos. La méthode Connected aborde l’éducation aux médias et la science de l’informatique en parallèle. Le matériel didactique met l’accent sur les expériences quotidiennes, les médias et les interfaces numériques qu’utilisent élèves et enseignants.

Traduite de l’allemand, la méthode a été adaptée au public romand par le Centre MITIC interjurassien. Connected compte quatre volumes, chacun composé d’un livre de l’élève sous forme papier et d’un manuel numérique destiné au corps enseignant. Le premier volume vient de sortir et fait son entrée dans les classes de Berne francophone depuis la rentrée, suivi tout bientôt par les trois prochains titres.

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