N’insiste pas! Comment prévenir le harcèlement sexuel?

Photographie tirée du manuel «N'insiste pas!» présentant une jeune fille tendant la main ouverte en avant, en signe de refus. Campagne «Nom de code: respect! Pour toutes et tous.» Photo: Annette Boutellier. Graphisme: Katrin Ginggen. © Idée, concept et réalisation: association ARIP National.

Sujet de société brûlant, le harcèlement sexuel fait couler beaucoup d’encre. Comment y répondre et, surtout, comment le prévenir? Quelques points de réflexion, à l’aide d’un livre publié en collaboration avec la Fondation Santé Sexuelle Suisse.

Rendre les jeunes conscients du respect qui devrait sous-tendre leurs échanges présents et futurs.

1ère de couverture du manuel de prévention du harcèlement «N'insiste pas! Où commence la violence sexuelle?»
«N’insiste pas! Où commence la violence sexuelle? Information, réflexion, prévention». Un manuel de prévention destiné aux professionnels tels qu’enseignants, éducateurs ou animateurs socioculturels.

L’an dernier, on a beaucoup parlé de harcèlement, dans la rue ou au travail. Les femmes se sont soulevées sur les réseaux sociaux et de nombreuses personnalités ont été accusées en Suisse et à l’étranger. Déjà en 2011, Éditions Loisirs et Pédagogie ont publié N’insiste pas! Où commence la violence sexuelle?, un ouvrage destiné aux enseignants, dont l’énoncé semble plus que jamais d’actualité. Son but: rendre les jeunes conscients du respect qui devrait sous-tendre leurs échanges présents et futurs. Voici quelques pistes à explorer.

Les préjugés entre hommes et femmes

Inciter les élèves à réfléchir aux préjugés entre hommes et femmes, de même qu’entre les différentes cultures, permet d’ouvrir le débat. Les hommes sont-ils typiquement forts et ne montrent pas leurs sentiments? Les hommes «du Sud» sont-ils plus sexistes que les autres? Les femmes des pays arabes ont–elles moins de formation professionnelle? Les femmes sont-elles plus ordonnées, plus sages? En mettant en relief ces lieux communs, s’ouvre la question secondaire et la plus pertinente: «d’où nous viennent ces clichés devenus des certitudes?». Si on réfléchit à l’origine de ces idées préconçues, il devient possible de poser les bases pour un nouveau cadre de référence.

Insister sur la différence entre harcèlement et drague

«Mais maintenant, on ne peut même plus parler à une femme sans qu’elle ne se vexe! On ne peut plus rien dire!» Cette phrase a été prononcée par de nombreux auteurs d’actes de harcèlement. Néanmoins, cette affirmation néglige une nuance cruciale: l’horizontalité de la relation. Le flirt est un rapprochement mutuel, constructif, souhaité par les deux parties, qui renforce l’estime de soi.

La différence entre le harcèlement et le flirt, c’est la réciprocité.

Le harcèlement, à l’inverse, est une forme de violence imposée par une personne à une autre, souvent dans une optique de domination: il s’agit d’un rapprochement unilatéral, rabaissant, non souhaité, qui dépasse le respect des limites personnelles d’autrui. La différence entre les deux, c’est la réciprocité. On peut rire de tout. On peut tout dire. Toutefois, comme dans n’importe quelle relation, l’interlocuteur a le droit de signifier son refus ou son malaise, et ces derniers doivent être respectés.

Sensibiliser sur les manières de réagir

Rappeler que les membres d’une société sont tous des acteurs de cette dernière est une autre piste pour encourager les élèves à ne pas rester passifs, quel que soit leur sexe. Ainsi, il peut être bon de discuter avec les élèves des mesures qu’une personne victime de harcèlement peut prendre. D’abord, ne pas accepter ce type de comportement, en réagissant vite et avec fermeté. En second lieu, mettre des limites à l’auteur du harcèlement, en mettant des mots sur son comportement: «cela me dérange que vous fassiez cela». Enfin, ne pas se laisser entraîner dans une discussion avec la personne et demander de l’aide sans tarder, à la maison, à l’école ou aux associations concernées. Un des aspects les plus pervers du harcèlement sexuel est qu’il accroît le sentiment de culpabilité de la victime et la réduit souvent au silence. Ce dernier a été brisé à grands cris en 2017 et il convient de nous assurer qu’un dialogue pourra maintenant prendre sa place.

«Le harcèlement n’est pas uniquement le problème de la victime, mais un problème social»

Un mot de conclusion? Comme l’ont souligné les auteurs de l’ouvrage, «le harcèlement n’est pas uniquement le problème de la victime, mais un problème social». Il revient donc à nous toutes et tous de tenter d’y répondre de la meilleure manière possible, et l’école semble être un excellent lieu de départ.

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