Alors, l’air, gratuit ou pas? Le billet de Pierre-Alain Rime

Pierre-Alain Rime, auteur de l'ouvrage «Les mondes économiques». Pierre-Alain Rime, auteur de l'ouvrage «Les mondes économiques». © Photo Olivier Maire

Alors, l’air, gratuit ou pas?

«Un des derniers biens libres, donc forcément gratuit», répondent mes étudiants. Ils ont raison.

«Loin d’être gratuit», rétorquent les techniciens qui insistent sur le travail humain nécessaire à l’air conditionné, à l’air en bouteille pour la plongée, etc. Ils ont bien sûr aussi raison.

Pour tenter de mettre tout le monde d’accord, on pourrait dire que l’air pollué est absolument gratuit: respirez à pleins poumons dans nos villes, allez-y sans retenue, c’est gratos, pas besoin de passer à la caisse! Pour l’air pur, c’est une autre affaire. Les milliers de milliards qui seront dépensés à l’avenir pour simplement l’assainir nous laissent penser que l’air n’est vraiment plus un bien gratuit.

Une autre preuve de la non-gratuité de l’air nous vient de Caracas, capitale du Venezuela. L’aéroport Simon Bolivar de Maiquieta, le plus grand du pays, a introduit une taxe de 127 bolivars (environ 18 francs) par passager pour l’air respiré. L’argent récolté doit financer l’installation d’un nouveau système de climatisation.

Pierre-Alain Rime
Auteur de l’ouvrage Les mondes économiques

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