5 gestes (faciles) pour réduire son empreinte écologique

Photo de la Terre vue d el'espace. Notre responsabilité: offrir un avenir à notre planète et aux futures générations. © NASA

En Suisse et ailleurs dans le monde, les idées se multiplient pour lutter contre la pollution et le gaspillage. Mais que peut-on faire à l’échelle individuelle? Voici 5 solutions pour promouvoir une culture de l’écologie éthique et solidaire.

À l’Université de Maryland, Dylan Seltermann conduit chaque année une petite expérience avec ses étudiants en psychologie. Cette dernière, élaborée par l’écologiste Garrett Hardin, est simple: les élèves peuvent ajouter deux ou six points à leur note finale. Si plus de 10% de la classe choisit la deuxième option, la classe rate l’exercice et personne ne reçoit de crédit. Pendant ses huit premières années d’enseignement, une seule classe a réussi le test. En d’autres termes, un petit groupe refusait de faire une concession au nom du bien commun. Cet état de fait illustre les difficultés inhérentes à deux des grands problèmes du XXIe siècle: la pollution et la distribution des ressources. Pourtant, tout comme les classes de Seltermann, chacun, à son échelle, peut agir de façon collaborative et responsable. Voici 5 gestes pour que tout le monde reçoive sa part métaphorique de deux points.

Manger moins de viande

Image d'un copieux repas végétarien
Une alimentation végétarienne est plus responsable qu’un régime carnassier du point de vue de l’utilisation des ressources énergétiques de la planète. © Photo Yan Giroud

Il s’agit d’un thème d’actualité peu après que la campagne «Grilétariens» de la Migros a mis le feu aux poudres avec les antispécistes. Outre la question de la souffrance animale, la consommation excessive de viande est nocive pour l’environnement à bien des égards, notamment en ce qui concerne l’énergie grise pour la transporter et la produire. Sans verser dans l’extrême d’un régime végane, complètement dépourvu de produits animaux, le chanteur Paul McCartney s’est posé en effigie de la campagne «Meat Free Monday» («Pas de viande le lundi»). L’idée est de commencer simple: au lieu d’arrêter de manger complètement de la viande, on «se prive» de manière modeste, seulement un jour par semaine.

Favoriser la mobilité douce

Photo d'un cycliste passant devant un lac, avec des montagnes en arrière-plan.
Il est souvent possible de se déplacer sans nuire au climat. Photo @ pxhere.com

Les enfants des Trente Glorieuses se rappelleront le choc pétrolier de 1973 et de l’expérience irréelle des «dimanches sans voitures» qui s’ensuivirent pour endiguer la carence.

Si la densité actuelle du trafic rendrait une telle mesure difficile, chacun peut laisser un peu plus souvent sa voiture au garage, se rendre au supermarché ou au travail en transports en commun, ou même prendre le vélo pour de petits trajets ponctuels. Avec 81% des ménages disposant d’au moins une voiture et une occupation moyenne de 1,57 personne par voiture, une autre solution consiste à miser sur le covoiturage. Si l’on souhaite aller plus loin, l’idéal serait pour chacun de limiter les voyages en avion et la pollution drastique qu’ils engendrent. Au lieu de partir chaque année à l’autre bout du monde, pourquoi ne pas (re)découvrir les endroits plus accessibles de l’Europe?

Arrêter de boire de l’eau en bouteille

Balots de bouteilles de plastique après tri des déchets
En Suisse, l’eau du robinet est d’excellente qualité. Photo @ pxhere.com

Une récente vidéo publiée par Le Temps et Responsables.ch montre que l’eau en bouteille coûte jusqu’à 500 fois plus cher que l’eau du robinet et possède une empreinte écologique 1000 fois plus élevée. Les Suisses en consomment en moyenne près de 130 litres par an et par habitant. Pourtant, la Suisse est un pays où il est parfaitement sûr de boire de l’eau du robinet. En outre, cette dernière est riche en calcium, en magnésium et en sodium. Et si vous estimez qu’elle est trop chargée en calcaire, vous pouvez toujours acheter un filtre. Au bout du compte, cette solution fait sens tant d’un point de vue écologique qu’économique.

Réduire le plastique: bannir les sacs, éviter emballages et objets

Bocaux de céréales en verre.
Du producteur au consommateur, il est possible de remplacer les emballages plastiques par des matières durables. Photo @ pxhere.com

Le plastique est un composant miracle qui a permis à l’humanité de faire des progrès incroyables, notamment en médecine. Aujourd’hui, il est notre ennemi: selon Laura Parker, journaliste au National Geographic, la durée de vie moyenne d’un sac plastique est de 15 minutes et plus de 40% de la production globale est utilisée une seule fois avant d’être jetée. On estime qu’entre 5,3 et 14 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés chaque année dans l’océan depuis les côtes, alors qu’ils mettent plus de 450 ans à se décomposer. Ces déchets proviennent de notre consommation quotidienne et finissent dans nos lacs et nos fleuves.

Si la surproduction et la surconsommation de plastique font des ravages d’un point de vue écologique, il est très facile d’y apporter des solutions: utiliser des sacs et des bouteilles réutilisables, bannir les pailles en plastique – ou en acheter en papier ou en métal –, privilégier l’utilisation de savon dur plutôt que du savon liquide ou encore bannir la vaisselle jetable.

Recycler et ne pas jeter les déchets n’importe où

Des déchets plastiques se déversent dans un ravin traversant un village de la Yamuna Valley.
Rivière de déchets plastiques dans un village du nord de l’Inde. © Photo Yan Giroud

Si beaucoup de pays comme l’Inde, l’Indonésie, les Philippines, le Vietnam ou le Sri Lanka ne disposent pas encore des infrastructures nécessaires pour contrer le problème du tri des déchets, ce n’est pas le cas de la Suisse. Avec l’introduction de la taxe au sac-poubelle dans tous les cantons – à l’exception notoire de Genève –, chaque immeuble et ménage sont équipés de poubelles pour trier le compost, le papier et le verre, et des éco-points permettent de trier facilement les plastiques et l’aluminium. Pourtant, les adeptes du littering sont nombreux, tant et si bien que la ville de Lausanne a instauré un système d’amendes. Depuis le 1er novembre 2017, ses habitants sont amendables s’ils jettent leurs mégots ou déchets par terre. Le principe de cette mesure est «Jetez vos déchets, pas votre argent!». Pourtant, le réflexe ne devrait pas passer par le porte-monnaie: il faut trier par conviction que c’est la bonne chose à faire.  

Tous ces gestes ne coûtent rien, si ce n’est la volonté d’adapter un peu son quotidien. La règle d’or n’est pas de renoncer à tout, mais de penser durable plutôt que jetable, de limiter le gaspillage et d’apprécier à leur juste valeur les objets que nous achetons. Rappelons-nous que sans procédé de décomposition, nous marcherions sur les ossements des animaux et hominidés qui nous ont précédés. À l’inverse, les plastiques et les objets ne disparaissent pas avec le temps: ils restent dans nos nappes phréatiques, dans nos champs, dans nos mers et se logent même dans la chair des animaux que nous consommons.

Alors, pour éviter que les générations futures ne marchent sur des champs de déchets, un seul mot d’ordre: choisissez les deux points plutôt que les six.

La consommation durable enseignée à l’école

Publié par les Éditions Loisirs et Pédagogie, Achetons pour la planète est une brochure à utiliser dès la 8e Harmos pour sensibiliser les élèves à l’environnement, la consommation, la mobilité et les écobilans. Doté de nombreuses fiches techniques et d’exercices, cet outil pédagogique pousse les jeunes à réfléchir par eux-mêmes et à répondre à la question: Est-ce possible d’offrir à tous les êtres humains une vie décente tout en respectant l’environnement naturel de notre planète?

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