4 faits sur la consommation de transports en Suisse

Photo d’un embouteillage sur une autoroute Faire du covoiturage, favoriser les loisirs et vacances de proximité, renoncer à la voiture quand celle-ci n’est pas absolument nécessaire, représentent autant de solutions pour favoriser un mode de vie et de consommation durable.

Destinée au secondaire I, la brochure Achetons pour la planète pose des réflexions quant à un mode de vie écologiquement responsable. Petit éclairage sur l’un des points faibles de la Suisse en termes de consommation durable: les transports. 

Aucune baisse d’émission de CO2 enregistrée en 2019: c’est le constat d’une étude récemment publiée par l’Office fédéral de l’environnement. En cause, les rejets de CO2 dus aux voitures de tourisme. Ces résultats mettent en lumière le paradoxe auquel la Suisse est confrontée: si elle propose nombre de biocarburants et de réseaux de transports publics, le nombre de voitures de tourisme a drastiquement augmenté en 50 ans. Une donnée importante dans un pays où 34% des émissions de CO2 sont dues au trafic automobile. Alors que la population mondiale se trouve à un moment pivot dans sa lutte contre le changement climatique, voici 4 points de réflexion sur notre consommation de transports en Suisse.

Graphique 1: Évolution du transport de passagers et de marchandises de 2000 à 2017 en Suisse
Graphique 1: Évolution du transport de passagers et de marchandises de 2000 à 2017 en Suisse (graphique tiré de la brochure 2019 «Mobilité et transports» de l’Office fédéral de la statistique).

71% des transports se font en voiture

Les gens se déplacent de plus en plus – et par la route: 81% des ménages suisses disposent d’au moins une voiture, tandis que 31% en possèdent deux ou plus. Une proportion qui se reflète sur le pourcentage de transports effectués par personne au kilomètre: 71% de part effectuée en voiture. En tout, 6 millions de voitures circulent sur les routes suisses, dont une écrasante majorité de 4,6 millions de voitures de tourisme, un chiffre qui a doublé depuis 1980. Cette évolution est la conséquence de la progression du pouvoir d’achat en Suisse ainsi que d’une culture où cette dernière est présentée comme un symbole de réussite et d’autonomie.

Toutefois, cette indépendance se paie au prix fort, car une personne seule se rendant au travail en voiture engendre autant de pollution que sept voyageurs en train. La comparaison entre voiture et transports publics est d’autant plus frappante quand on sait que le taux moyen d’occupation par voiture est de 1,57 personne et qu’une voiture occupée par son seul chauffeur pollue deux fois plus, au kilomètre, qu’un avion sur une courte distance.

Graphique 2: Évolution du nombre de passagers dans les aéroports suisses de 1995 à 2018
Graphique 2: Évolution du nombre de passagers dans les aéroports suisses de 1995 à 2018 (graphique tiré de la brochure 2019 «Mobilité et transports» de l’Office fédéral de la statistique).

45% des déplacements pour les loisirs

Entre 1970 et 2007, l’augmentation du nombre de kilomètres parcourus par personne en trafic motorisé a été de 54%. Si la raison invoquée pour acquérir une voiture concerne souvent les déplacements professionnels, la réalité tend à nuancer cet argument de nécessité. Selon l’Office fédéral de la mobilité et des transports, 45% des kilomètres parcourus sont des déplacements de loisirs (sans compter les voyages pour les vacances). Alors que 13% de la population suisse est incommodée par le trafic routier, les coûts externes des transports routiers et ferroviaires (accidents, bruit, santé, bâtiments, climat, nature et paysage) se comptent en dizaines de milliards de francs par an.

En Suisse, 34% des émissions de CO2 sont dues au trafic automobile.

Baisse de 50% de la distance annuelle parcourue à pied

Depuis 1950, la distance annuelle franchie par une personne à pied s’est réduite de plus de 50%. Le trajet moyen parcouru par une personne en une année au moyen d’un véhicule à moteur est passé de 3173 km à 15’896 km. Quant à la part des transports publics dans l’ensemble du trafic de personnes, elle a reculé de 56,8% à 22,7%. À l’inverse, les transports routiers privés – mesurés en kilomètres par voyageur – ont été multipliés par 15. Par ailleurs, depuis la fin des années 1990, la part de passagers aériens a près de doublé. Ainsi, les transports individuels s’accroissent plus rapidement que la population.

Graphique 3: Parts des passagers par moyen de transport en Suisse (graphique tiré de la brochure 2019 «Mobilité et transports» de l’Office fédéral de la statistique).
Graphique 3: Parts des passagers par moyen de transport en Suisse (graphique tiré de la brochure 2019 «Mobilité et transports» de l’Office fédéral de la statistique).

Un tiers de surface consacrée aux transports

En Suisse, un tiers des surfaces d’habitation et d’infrastructures sert aux transports, soit la surface du canton de Thurgovie. La plupart des initiatives dans ce domaine ont été refusées, par exemple l’initiative «Halte au bétonnage» de 1990, visant à stopper la construction des autoroutes, l’initiative pour la réduction du trafic de 2000, dont le but était de réduire de moitié le trafic routier motorisé ou les initiatives pour l’introduction de dimanches sans voitures de 1978 et 2003.

Ces considérations en matière de transports ne datent pas d’hier: à la fin des années 1980, la protection de l’environnement était la préoccupation principale des Suisses. En 1988, 74% d’entre eux la considéraient comme le principal problème de la société. Huit ans plus tard, ce taux était descendu à 20%. En 2011, il était à 16%. On peut analyser sa perte d’importance par rapport à d’autres problématiques brûlantes, en particulier liées à l’évolution économique, les problématiques de la santé, de l’assurance-vieillesse ou de la migration. Aujourd’hui, avec la crise climatique et celle, étroitement liée, du coronavirus, ces préoccupations reviennent sur le devant de la scène.

Si la Suisse a encore de nombreuses améliorations à apporter sur le plan du développement durable, ces chiffres sont encourageants, dans la mesure où une grande marge de progression est possible. Faire du covoiturage, favoriser les loisirs et vacances de proximité, renoncer à la voiture quand celle-ci n’est pas absolument nécessaire, représentent autant de solutions pour favoriser un mode de vie et de consommation durable.

La consommation durable enseignée à l’école

Couverture du livre «Achetons pour la planète»

Les faits présentés dans cet article sont tirés du chapitre «Se déplacer intelligemment» d’Achetons pour la planète, une brochure à utiliser dès la 8e Harmos pour sensibiliser les élèves à l’environnement, la consommation, la mobilité et les écobilans. Doté de nombreuses fiches techniques et d’exercices, cet outil pédagogique pousse les jeunes à réfléchir par eux-mêmes et à répondre à la question: Est-ce possible d’offrir à tous les êtres humains une vie décente tout en respectant l’environnement naturel de notre planète?

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